Le sol, support vivant:

un design graphique pour une (agri)culture oubliée - 2018

Édition de mon mémoire de recherche en design questionnant les relations entre le support vivant et le support graphique. Disponible en format PDF sur issuu.com

Photo de couverture réalisée lors d’un workshop avec Antti Ahtiluoto.  

Enracinés, hérités, les formats ont la commodité d‘une injonction familière. Ils nous facilitent la vie, nous guident et orientent nos pratiques. En nous fournissant un langage commun, ils permettent la circulation des idées, des objets, des savoirs, des marchandises...et tissent les liens de nos sociétés. Pivots, messagers, dépositaires, ils fixent les règles du jeu d’un vivre ensemble (...) 
Portrait, Paysage, Un monde de formats

Le développement de l’agriculture conventionnelle suite à la Révolution Industrielle a créé un détachement vis à vis de la nature, du sol agricole. La sécurité alimentaire est aujourd’hui menacée par la dégradation de plus en plus importante des sols.

Comment la négligence du sol agricole s’explique-t-elle ? Pourquoi rejetons nous le caractère vivant du sol ?

 

Support vivant constitué de nuisibles, mauvaises herbes, déchets organiques en décomposition, il est aujourd’hui négligé. C’est pourtant un élément fondamental des régulations atmosphériques, hydrauliques, et de l’accès à la nourriture. Le sol étant aujourd’hui un support menacé, il est cohérent pour le designer de s’intéresser à cette problématique environnementale.

Son rôle est avant tout de s’interroger sur l’amélioration de la vie de la collectivité, après avoir réalisé un travail critique né d’une insatisfaction sur le monde qui l’entoure. Selon Stéphane Vial, une pratique juste en design doit être critique et sociale.

Ainsi, comment le designer graphique peut-il participer à une sensibilisation au sol en tant que support vivant pour améliorer les conditions de production agricoles ? Le rôle du designer graphique étant de construire et propager des imaginaires à travers les signes qu’il met en circulation, est-il possible de briser les imaginaires ancrés depuis l’après-guerre autour des micro-organismes ? Comment la relation au sol, support vivant, influence notre façon d’appréhender les supports en design graphique ?

 

Ce mémoire s’intéresse alors aux relations entre le support vivant et le support graphique. Quel est l’intéret pour le designer d’étudier un domaine externe au design ? Comment le support vivant influence le support en design graphique ? Quelle est la place du support ? De quelle manière le designer peut-il s’adresser à un milieu en marge dépourvu de culture graphique ?

Il s’agit alors, de questionner les relations entre le support vivant et le support graphique ; et de valider l’intéret pour le designer graphique d’une étude d’un domaine extérieur au design afin de faire émerger des questionnements actuels en design graphique et d’ouvrir des plans exploratoires nouveaux. Avec une présence sur 53 % de la surface du pays, les parcelles agricoles font parti du paysage de manière omniprésente, l’uniformisent et agissent comme modèle visuel de la gestion des jardins. Plus encore, elles acclimatent une vision ordonnée de la nature et ceci s’étend dans d’autres domaines que la culture agricole. L’agriculture ne constituerait-elle pas un véritable support des perceptions sociales ? Le paysage étant le révélateur initial de l’uniformisation des sols, comment la relation au sol agricole agit-elle comme un modèle des imaginaires collectifs ? Quel comportement notre relation au support vivant induit-elle alors vis à vis de la circulation des messages ?  

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